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Le Postmodernisme

Judson Dance Theater

Le postmodernisme est mouvement qui suivit le modernisme et marqua une coupure nette avec celui-ci.

Dénomination de nature simplement chronologique au départ, le terme de postmodernisme s’appliqua bientôt au travail d’un groupe de chorégraphes, d’artistes et de musiciens d’avant-garde, qui présentèrent leurs œuvres à la Judson Memorial Church, à Greenwich Village (New York), de 1962 à 1964.

Le Judson Dance Theater se constitua à partir du travail réalisé dans le cadre d’un cours de chorégraphie dirigé par le musicien Robert Dunn de 1960 à 1962 au studio de danse de Merce Cunningham. Ces artistes appréhendaient la danse selon une perspective nouvelle, remettant en question tous les aspects du spectacle chorégraphique. Ce groupe s’appuya sur les théories philosophiques de l’existentialisme, du bouddhisme zen et de la phénoménologie. Les artistes postmodernistes rejetaient tous les systèmes de gestes codifiés et focalisaient leurs travaux sur la quête d’une pureté de mouvement non dénaturée par la personnalité des danseurs.

Yvonne Rainer fut une des grandes figures du Judson Dance Theater ; elle chercha à rejeter tous les éléments qu’elle jugeait superflus. Ce minimalisme trouva une expression concrète dans Trio A (1966). Trisha Brown, Lucinda Childs, David Gordon, Deborah Hay et Steve Paxton furent également des têtes de file du postmodernisme. Dans le domaine de la danse, le terme de « postmoderne » s’applique également, dans un sens plus général, aux œuvres d’autres d’artistes, européens et américains, qui furent influencés par les créations de ce groupe.

Le théâtre de la ville de Paris

Théatre de la ville

Le théâtre de la Ville – Sarah-Bernhardt est un théâtre parisien situé place du Châtelet dans le 4e arrondissement. Il fut construit entre 1860 et 1862 lors de la grande restructuration de Paris par le baron Haussmann.

Détruit en 1871 au cours de la Commune puis reconstruit à l’identique, le Théâtre de la Ville a vu se produire de nombreux artistes, et parmi eux la grande Sarah Bernhardt qui donna même son nom à la salle.

Le théâtre de la Ville fait aujourd’hui partie ,avec La Monnaie de Bruxelles et la Brooklyn Academy of Music de New York, des grands lieux de présentation et de soutien de la danse contemporaine mondiale. Depuis plus de 30 ans, une trentaine de spectacles par an sont produits ou co-produit par l’institution parisienne qui en accueille fréquemment les créations mondiales ou les premières en France.

La décennie des années 1980 a vu le théâtre devenir le lieu de consécration des grands noms de la Nouvelle danse française comme Maguy Marin, Dominique Bagouet, Daniel Larrieu,  des grands chorégraphes américains comme Merce Cunningham,Carolyn Carlson, ou Lucinda Childs, ou encore de la compagnie japonaise Sankaï Juku.

La première école de danse moderne

Ruth Saint DenisLa première école de danse moderne fut créée par les danseurs et chorégraphes américains Ruth Saint Denis (Photo) et Ted Shawn, partenaires dans le travail et époux dans la vie,  qui fondent à Los Angeles la Denishawn School, qui dispense un enseignement corporel et intellectuel, appliqué au développement de la sensibilité, de la personnalité et aux nouveaux modes d’expression.

Pour 500 $, la Denishawn School proposait un programme de douze semaines en incluant le logement et les cours :  cours de techniques de danse, d’art, de yoga, et lecture.

Plusieurs « Denishawn » ouvrent bientôt aux États-Unis, qui accueillent des élèves aussi prestigieux que Martha Graham et Doris Humphrey.

Denishawnschool

 

Isadora Duncan : la femme qui a posé les bases de la danse moderne

DuncanEn réaction à l’académisme, cette Californienne d’origine irlandaise a posé les bases de la danse moderne.

Engagée, pour ses débuts à New York, dans le Songe d’une nuit d’été, la danseuse  Isadora Duncan fait fi de la technique et prône un style naturel, qualifié de « danse libre » : elle se produit généralement vêtue d’une tunique diaphane, bras et jambes dénudés, cheveux dénoués, sur des musiques dont la destination première n’est pas d’être chorégraphiées. À l’instar de Geneviève Stebbins, elle dansait les pieds nus, devant un rideau, vêtue seulement d’une tunique grecque, en multipliant les références à la statuaire antique.

Elle connut une fin tragique, étranglée par son écharpe qui s’était prise dans une roue de sa voiture, ce qui fera une légende de cette incomprise.

 

La danse contemporaine française

6C’est à partir des années 80, que l’on a pu observer une éclosion de la danse contemporaine française. En effet, alors que depuis la fin des années cinquante les seuls représentants de la danse française étaient Maurice Béjart et Roland Petit, les années 80 voient fleurir, avec la décentralisation, une nouvelle génération, plutôt individualiste, ouverte aux événements du quotidien et marquée par le courant minimaliste.

Ce courant se nomme la Nouvelle danse française également appelée Jeune danse française qui est un courant de danse contemporainené sous l’impulsion de quelques jeunes danseurs et chorégraphes (pas tous Français) voulant développer un langage chorégraphique se détachant de la danse moderne en plein essor aux Etats-Unis et de l’institution de l’ Opéra de Paris.

Les figures les plus influentes de cette période sont : Maguy Marin, Karine Saporta, Jean-Claude Gallota, Philippe Decouflé, Dominique Bagouet, Joëlle Bouvier, Régis Obadia, Mathilde Monnier, Josef Nadj, François Verret, Hideyuki Yano, etc.

La promotion de la danse contemporaine

Il aura fallu attendre l’ouverture du Centre national de danse contemporaine (CNDC) d’Angers, en 1979, pour que l’idée d’un enseignement contemporain s’impose et s’installe ensuite dans les conservatoires supérieurs de musique et de danse, puis dans les universités. À partir de 1981, une promotion de la danse se dessine ; sous l’impulsion de Jack Lang, une dizaine de centres chorégraphiques nationaux (CCN) sont créés en province en une dizaine d’années. On en compte près d’une vingtaine au début du XXIe siècle.

Des festivals ont lieu aujourd’hui dans toute la France, comme le festival Danse à Aix (Aix-en-Provence), le Festival et les Hivernales d’Avignon (Festival d’Avignon), la Biennale internationale de la danse de Lyon, le festival Montpellier Danse, le festival de Chateauvallon, le festival de la nouvelle danse d’Uzès, le festival Danse M à Marseille, etc. Le Théâtre de la Ville, à Paris, est un des grands pôles de diffusion, tout comme la Maison des arts de Créteil et la Maison de la danse de Lyon.

La danse contemporaine a notamment payé un lourd tribut à l’épidémie de sida qui a emporté des danseurs d’exception comme Jorge Donn (1947-1992)(évoqué par Maurice Béjart dans le Presbytère, en 1996) et Rudolf Noureïev, et des chorégraphes comme Hideyuki Yano, Alvin Ailey, Dominique Bagouet ou Robert Joffrey.

                                        Centre national de danse de Pantin (93)

Qu’est-ce que la danse contemporaine ?

 

Beaucoup de personnes confondent la danse moderne et contemporaine considérant que, dans un cas ou dans l’autre, c’est une danse « bizarre » dont les spectacles sont diffusés sur Arte. Mais c’est une idée reçue !

Comme je l’ai dit dans mon article sur les origines de la danse moderne, la danse contemporaine fut créée à partir de cette dernière mais la différence entre les deux est subtile. En effet, la danse moderne a voulu complètement s’émanciper de la danse classique et laisse donc une totale liberté aux mouvements alors que la danse contemporaine s’inspire clairement de la danse classique. Il existe une certaine rigueur dans la technique contemporaine, le danseur doit garder une posture droite et doit garder une position en torsion extérieure (jambes tournées vers l’extérieur par rapport aux hanches).

En revanche, contrairement à la danse classique, le danseur contemporain est souvent également chorégraphe car il doit établir ses propres conventions et son propre langage à travers lesquels il exprime ce qu’il ressent ou ce qu’il veut dénoncer par exemple. De plus, le respect d’un rythme musical n’est pas une nécessité, on peut donc utiliser des bruits, des sons ou même danser sur le silence, d’où des chorégraphies qui peuvent parfois paraître étranges …

Les origines de la danse moderne

La danse moderne est un courant apparu quasi simultanément en Allemagne et aux États-Unis aux alentours de 1920. C’est une forme de danse de scène créée par des artistes voulant se libérer du cadre rigide de la danse classique. La danse moderne a engendré, après la Seconde Guerre mondiale, ce qu’on nomme aujourd’hui la danse contemporaine.

Les grandes figures de la danse moderne sont Isadora Duncan (Photo) , Pina Bausch, Mary Wigman, Rudolf Laban, Valeska Gert, Martha Graham, Yvonne Rainer et Louis Horst.